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Des photos Parc Monceau


Portrait Corine by Daniel au Parc Monceau

Milieu des années 70, un homme et une femme se croisaient chaque matin dans l’entreprise où ils travaillaient.

Daniel et Corine embauchés par Air Industrie, occupaient les postes de dessinateur industriel et d'hôtesse d’accueil. Ce décor professionnel se situait Avenue Dubonnet dans une ville de banlieue parisienne, Courbevoie. 

Le nom de cette boîte, loin d’inspirer la romance, recélait malgré tout d’une pointe de liberté, qui pourrait donner des ailes à un timide séducteur dessinateur et photographe passionné.


Tous les hommes de l’entreprise avaient, bien évidemment, remarqué l'hôtesse originaire de Rouen, aux yeux bleus magnifiques et à la chevelure dorée. Corine était grande et pouvait séduire autant qu’impressionner, sans avoir réellement conscience de ce pouvoir sur la gent masculine.


Il est parfois très utile d’avoir un pote qui n’a pas la langue dans sa poche, pour aller oser l'échange avec l'hôtesse plus que séduisante. Patrice, le joyeux partenaire de planche à dessin de Daniel, qui n’a pas froid aux yeux, embarque un matin l'acolyte timide pour aller aborder Corine et dépasser le simple bonjour échangé depuis quelques semaines.

Grâce à ses premières questions posées, Daniel découvre que Corine faisait également du mannequinat. Merveilleuse nouvelle pour notre photographe qui lui proposa une séance au romantique Parc Monceau. Lieu verdoyant rempli de charme pour un début d’histoire peut-être, avec la jolie rouennaise tant convoitée.


Ils se retrouvèrent alors quelques jours plus tard, à proximité du fameux parc et commencèrent à le traverser en quête de jolis spots où capturer, grâce au boitier argentique noir et blanc du photographe déjà amoureux, les traits délicats de la femme lumineuse.

Sans difficulté, Corine prend la pose de façon très naturelle et Daniel la laisse se mouvoir comme elle le souhaite. Il avait déjà instinctivement compris qu’on ne pourrait rien lui imposer. Une fois le shooting terminé, elle décide d’accepter le rendez-vous suivant pour découvrir le travail du photographe.


Shooting Corine by Daniel au Parc Monceau

Sur les papiers glacés plongés de ses mains dans les bains révélateurs, Daniel découvre avec bonheur le visage et la silhouette de Corine. Révélation de l'œil et du cœur sensible de Daniel, touché par la beauté de cette rencontre bien réelle. La femme visée par l’objectif est un être magnifique que la photo révèle plus fragile qu’il n’y parait. Les clichés sont prêts à être montrés. Ils se retrouvent autour d’un café. Elle voit les photos. Elle est gênée de se regarder et accepte difficilement les compliments du photographe. 

Daniel ne peut envisager de laisser leur rencontre s’arrêter à la dernière photo du book réalisé. Il lui propose un autre rendez-vous. Un restaurant cette fois-ci, oui mais attention, le prétendant devra arriver à l’heure, sinon…





Daniel au volant de la 504 Peugeot bleu métallisé, part de Courbevoie vers la porte Champerret où Corine l’attendait à 20h précise, derrière la fenêtre de sa petite chambre de bonne au dernier étage. Mais il se retrouve bloqué dans les embouteillages. Une demi-heure de retard.

Il est dans sa voiture, attend qu’elle descende. Il l'aperçoit furtivement à travers la fenêtre, mais rien. Pas de Corine empruntant l’escalier extérieur pour le rejoindre. Elle ne descendra pas. Non mais !

Daniel repart alors 30min plus tard avec la certitude que tout est foutu, gâché, perdu, fini avant même d’avoir commencé.

Il rentre tôt à la surprise de ses parents car oui, il n’a pas encore quitté le cocon familial et leur confie sa déception.

Tandis que ses parents tentent de réconforter l’amoureux déçu, le téléphone sonne, c’est elle ! Elle souhaite qu’il revienne. Sacrée Corine ! Daniel n’en revient pas et se précipite à nouveau dans sa voiture pour la rejoindre, avec un peu plus de facilité car le trafic s’était fluidifié.


Il arrive. Elle descend. Daniel ose à peine y croire et sent son cœur battre plus fort que d’habitude. Elle monte dans la voiture. Ils ne savent pas trop quoi dire l’un et l’autre mais l’essentiel c’est d’être ensemble. Ils arrivent au restaurant prévu qui servait encore, oui nous sommes à Paris et les amplitudes horaires sont plus grandes, tout comme les temps de circulation. Ils passent un joli moment et ne semblent pas vouloir se quitter tout de suite. 

Quel serait le lieu suivant ? Chez elle, non. Chez lui et ses parents, non plus.


Notre timide pas si timide, ose la proposition de poursuivre la soirée dans une chambre d'hôtel leur offrant l’intimité nécessaire pour qu’ils puissent faire…Rien. Corine n’est pas prête à franchir le cap du simple baiser et Daniel respecte bien sûr son choix et la ramène chez elle.


Elle a confiance en lui et c’est pour cela qu’elle lui demande de l’accompagner à une élection de Miss organisée par le Comité Napoléon. Dès l’arrivée dans une salle aux allures de cabaret glauque dans la ville de Vitry, qui sonne un peu moins glamour que Paris, le comité, constitué de vieux gars au regard lubrique, lui explique le déroulé du défilé dont un passage en maillot de bain obligatoire. À cette annonce, Corine, sans aucune hésitation, tourne les talons et au revoir Napoléon. Pour apaiser la jeune mannequin déçue, Daniel lui propose un shopping impromptu au grand centre commercial situé à côté et lui offre un bel ensemble veste pantalon, pour effacer un peu le désagréable moment passé juste avant. Il lui cède le volant de la 504, chose qu’il ne faisait jamais avec qui que ce soit, pour repartir en direction de la Porte Champerret.


Quelques sorties ensemble. Le musée Rodin, le Parc de Bagatelle et d’Acclimatation et des restaurants remplissent d’un arc-en-ciel d’émotions les deux cœurs qui se découvrent. La complicité et l’entente grandissent.

Un jour, ils entrent par curiosité dans l’impressionnant hall de l’Hôtel Le Méridien, à deux minutes de chez Corine. L’un comme l’autre n’a jamais dormi dans un tel luxe. Dans l'enthousiasme du moment, ils décident de s’élever de quelques étages pour tenter une première fois ensemble. C’était le moment, le bon moment.


La vue exceptionnelle offerte de Paris à travers les fenêtres de cette chambre du Méridien, n’a laissé aucun souvenir à Daniel. Il y avait beaucoup plus important, beau et intense que la Ville Lumière à regarder, sentir et aimer. Il y avait Corine, sa chérie, l’impossible femme à conquérir que l’un des collègues de travail jaloux, était sûr qu’il n’aurait jamais.

Daniel n’a pas eu Corine. La femme indépendante n’a jamais appartenu à personne. 

Il l'a séduite, lui a offert sa première fois et une proposition d’union qui marquerait le début d’une nouvelle famille en devenir.


Corine a quitté sa Normandie mais pas seulement. Ses parents n'étaient pas très aimants et un peu durs avec leur seule fille entourée d’un grand et d’un petit frère. Elle recevait peu de considération et d’affection, qui lui faisait ressentir au fil de sa construction émotionnelle, la peur grandissante d’être abandonnée. Il y a des explications au comportement familial lorsqu’on se penche sur l’héritage générationnel, mais cela ne rend pas la chose moins difficile à vivre.


Corine accepta assez rapidement la demande en mariage de Daniel, car en plus de leurs sentiments réciproques, cela marquait une rupture avec le passé de la jeune fille pas aimée de la bonne manière. 

Un nouveau départ. Partager un quotidien rassurant avec quelqu’un d’attentionné, qui vous aime profondément et le montre à sa façon fleurie et douce.


Un petit appartement, donnant sur le boulevard parallèle à l’avenue dans laquelle ils travaillaient, devient lieu de vie de ce jeune couple. C’est cependant un peu petit pour répondre à leur souhait commun de mettre un enfant au monde. Ils y pensent déjà.


Un plus grand appartement à deux pas de là, dans le quartier de Bécon les Bruyères au 84 de la rue Armand Silvestre, leur est attribué par la ville de Courbevoie. Le loyer abordable permettait d’envisager de nourrir une bouche goulue supplémentaire.

Elle se fit attendre cette petite chanteuse nocturne tant désirée par Corine. La future maman dût recevoir un traitement spécifique pour faciliter sa fertilité. Le souhait des parents était suffisamment fort pour accepter la répétition des résultats négatifs aux tests de grossesse. Jusqu’à…

Le positif rêvé est enfin là, ils peuvent y croire et faire le maximum pour que cette vie apparaisse et anime leur quotidien courbevoisien.


Le ventre et seulement le ventre grossit durant neuf mois car suivant les conseils très avisés du gynécologue, sous prétexte qu’une nouvelle vie grandit, il n’est pas nécessaire de manger pour deux. Le bébé prendra ce dont il a besoin, la nature est bien faite. 

Cependant, même avant la grossesse, Corine a toujours eu bon appétit et une énergie débordante lui permettant de grignoter les kilos superflus. Elle continua donc ainsi, avec la joie de sentir grandir en elle cette petite fille qu’elle pourrait aimer davantage qu’elle ne le fût.


Pendant 9 mois, le bébé n’a manqué de rien. Pour preuve, la nouvelle vie sort du ventre maternel en pesant 3 kilos et 750g pour une taille de 57cm. La maman est heureuse de la rencontrer le 3 janvier 1978 et de se délester d’un gros bébé potelé aussi.

Elle l’appellera Peggy car elle adore ce prénom aux consonances anglo-saxonnes et est loin de se douter que 5 ans plus tard, le muppet show aurait la fameuse idée de la transformer en cochonne. Mais cela est une autre histoire à conter.


La magie de l’amour et de la vie a opéré et je les en remercie. 

Je remercie ma Moune Corine d’avoir eu le courage de descendre à la capitale, mon Dad Daniel d’avoir osé l’aborder, qu’elle ait décroché son téléphone pour qu’il revienne ce fameux soir de foutu trafic parisien et d’avoir franchi le grand pas avec lui. 


Merci à tous les deux d’avoir souhaité de tout leur cœur que j’existe.



Wedding Mum & Dad


La la la je suis là

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