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Le phénix ne brûlera plus ses ailes

  • Photo du rédacteur: Plume
    Plume
  • 12 nov. 2025
  • 4 min de lecture

Lorsque la souffrance physique ou mentale nous immobilise, ne nous reste qu’à observer le mouvement intérieur. Cette balade des cellules pour un agencement optimal, la structure parfaite de notre matière cérébrale. Des milliards de milliards d’atomes agglomérés selon le choix de notre mémoire. 


Pourrait-il en être autrement ? Peut-être, si l’on devient clairsouffrant afin de comprendre le message du tourment intérieur. Pas l’idée qu’on s’en fait, ni les explications aux apparences de vérités immuables mais ce qu’il est. Vouloir le faire taire à tout prix, nous prive de qui nous sommes et de trouver la sortie du labyrinthe complexe qu'on a soi-même élaboré.


Je suis ici, sous cette forme et pourrais être ailleurs, sous une autre. La science peut me dire comment suis-je assemblée à l’instant T et décider qu’il est impossible de s’ordonner différemment à moins d'avaler la pilule. Quelle limite notre système et nos connaissances acquises nous imposent-ils ?


La société fige l’être humain dans le passé ou dans un futur qu’elle souhaite maîtriser. Ce qui ne laisse aucune place au présent et à ce qui est réellement envisageable. L’analyse, la reproduction d’un modèle, l’explication selon des critères dépassés par le mouvement inhérent à la vie, font stagner notre exploration révolutionnaire intime. Celle que les fous savants utilisent comme matière pour découvrir l'impossible, l'inimaginable. Le connu enferme le potentiel dans un laboratoire aux vitres opaques dont les résultats dépendent de ceux qui financent les expériences.

L’évolution du capital est inverse à notre croissance bénéfique en tant qu’être humain formé de matières invisibles bien éloignées des attentes de l'économiquement rentable. 

L’autre voix chuchotée est détachée des calculs productifs et naît d’heureux accidents et belles audaces de l’existence.


Calmer le mental, reconnaitre ses chemins farfelus, laisser le flot des émotions parcourir nos êtres, calmer la hâte des pouvoirs de décision, poser le corps et alors, sera-t-il possible d’en extraire une nouvelle connaissance ? Une nouvelle arborescence, un nouvel ordre.


L’état humain, tel qu’on le connaît, ne fonctionne pas, en tout cas pas pour tout le monde. La démocratie de nos essentiels est muette et s’exprime avec une douleur tenace et virulente car c’est l’unique moyen d’expression qu’on lui laisse.

Ne pas voir, ne pas entendre et surtout ne pas ressentir. Apnée du corps et de l'esprit.


La souffrance développe le regard intérieur. Elle peut enclencher une écoute plus pointue et profonde. Chacune des graines que l'on sème gangrène nos vies ou les magnifie.


Beaucoup de nos maladies physiques et sociétales sont des messages à notre intention. Le mental encerclé des forces armées qui craignent le changement est stupide dans son positionnement rigide et autoritaire. Il ne lead pas de la bonne manière.

Nous avons besoin de guérir plus qu’endormir nos mots au bout des maux, muter plus que stagner dans nos dysfonctionnements répétés et rassurants. 

Je peux ne pas y arriver aujourd’hui mais cela n’empêche en rien que cela fonctionne demain. Réveiller l’intelligence du corps individuel et collectif et sa conscience comme moteur de potentiels heureux.

Nous oublions rapidement les bonnes décisions à prendre à bras le corps. Empoigner nos responsabilités pour que se dessine un autre dessein. Il ne s’agit pas d’accabler encore plus nos vies, les écraser, les étouffer mais bien de les libérer de leurs entraves mentales, de leurs frontières apeurées, de leurs périmètres étriqués de petites souris enfermées dans le laboratoire vintage qui ne doit plus jamais redevenir à la mode des pensées. L’expérimentation sans autre but que la découverte du possible. Sans démarrer vaincu, ni convaincu, sans avancer par dépit mais avec une trajectoire inébranlable suivant l’idée que nous sommes destinés à aller bien. 


Je ne crois pas à la fin du monde irrévocable, à sa destruction soit-disant nécessaire à sa renaissance. Je ne crois pas au j’menfoutisme dangereux qui ne voit rien en voilant son regard au noir qui le hante. Oui, nos vies meurent et nous en avons peur, mais n’est-ce pas contradictoire que de les précipiter du haut de la montagne ?


Le mythe du phénix n’a plus sa place aujourd’hui. Le phénix ne brûlera plus ses ailes. Fini d'errer dans "un état d'Amérique dans lequel Harry zona", dixit Mc Solaar. Cessons une bonne fois pour toutes, de cramer nos ailes et trouer nos corps. Regardons le soleil à distance, profitons de ses rayons pour éclairer nos belles visions. Il n’y a plus rien à brûler. C’est désuet de continuer à nous détruire comme excuse à la reconstruction. "Tu verras du fond de la piscine, tu pourras remonter !" Et si tu n'y allais pas, au fond de la piscine mais plutôt au fond de toi ? Basta la haine de soi et des autres, basta les bombes nucléaires intellectuelles lancées à une population docile, prête à tout pour en finir. Stop à tout ce qui nuit, éteint, explose et noie. 

C’est terminé d’exterminer. La mort viendra bien assez tôt.


Le phénix vole majestueusement et ne croit plus à aucun discours, ni celui du plus fort, ni celui du plus faible. Il vole dans un ciel ni optimiste, ni pessimiste, il vole c’est tout.


Peggy S


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